Patrick_G a écrit:Ah ! ça commence à devenir intéressantSi on ne pense pas au bégaiement, on ne bégaie pas.
Je ne suis pas (mais alors pas du tout) d'accord avec toi sur coup-là, Pierre !
Ce que je vais dire va sans doute paraître inconcevable pour certains, mais j'ai bégayé pendant des années sans être conscient de mon bégaiement. Mes parents m'envoyaient chez l'orthophoniste, mais il n'y avait rien à faire : j'étais incapable de me rendre compte quand je bégayais, et je ne me voyais absolument pas comme quelqu'un qui bégayait. Je l'ai réalisé petit à petit en grandissant, dans le reflet que me renvoyait la réaction des autres. La prise de conscience (que les autres me voyaient comme un bègue) a éclaté quand mon père m'a dit que je ne pourrai jamais travailler dans le journalisme à cause de "ce handicap". Je me souviens encore me regarder dans le rétroviseur, ou plutôt mon image, à ce moment-là...
Donc, pour moi, il me paraît évident que le bégaiement est neurologique (il y a des études qui l'ont montré, et qu'on peut lire ici). La neuro explique tout : pourquoi je ne m'entendais pas bégayer, pourquoi je ne bégayais pas quand je jouais avec ma voix, et peut-être même certains caractères/tendances propres à l'hémisphère droit, sans vouloir trop m'avancer.
On pourrait justement avancer que justement, les facteurs psychologiques sont les effets et non la cause.
Je t'avoue que je suis très intrigué par ta méthode, si elle permet vraiment de résoudre le bégaiement sans passer par la recherche de contrôle (tu comprends avec mon histoire pourquoi, chez moi, l'apprentissage du contrôle de ma voix a été déterminant, puisque je n'avais même pas conscience de mon propre bégaiement, du rendu de ma propre voix). Je vois mal à quoi cela pourrait ressembler, mais ce serait effectivement une découverte "révolutionnaire".
Est-ce que tu agis directement sur la voix, ou est-ce que tu agis plus globalement sur ton état d'esprit (tu parles d'auto-hypnose) ?
Sinon, cela pourrait intéressant (même sur ton blog) que tu détailles plus ton parcours : j'aimerais savoir si tu en as "morflé" pour arrêter de bégayer, ou si, une fois que tu avais trouvé ta solution, cela s'est fait en douceur ?
Merci pour tes réponses sur ce forum, et pour ton travail en général, qui m'a l'air sincère
Patrick
Je suis d'accord avec Patrick. J'ai l'un de mes meilleurs amis qui bégaie depuis tout petit, et il n'en a jamais eu conscience. D'ailleurs, il a raconté il n'y a pas longtemps que petit il a fait de l'orthophonie mais sans savoir pour quoi. Et quand il bloque sur des mots, il apparente ça à des "trous de mémoire" ou à de la fatigue qui lui fait perdre le fil. Il n'a pas conscience de son bégaiement et donc n'a pas peur de bloquer. Aucune anticipation de blocages, aucune crainte, mais tout de même pas mal de répétitions de mots...
Ce qui ne m'empêche pas de rester admirative devant des personnes se battant pour trouver des solutions, travailler d'arrache pied et ensuite essayer de les diffuser le plus largement possible!


